28 août 2026

La Côte d’Opale

Franchement, le Pas-de-Calais, ça ne me vendait pas du rêve. Le choix de notre destination nous avait été dicté par trois arguments : on avait envie d’échapper à la chaleur, c’était sur la route de Bruxelles et on ne connaissait pas du tout la région. Eh bien, ce n’était pas mon voyage le plus magique, certes, mais c’était beaucoup joli que ce que j’avais imaginé !

Audresselles, le village où nous avons logé, avait les avantages de ses inconvénients, ou l’inverse : la mer était tout près, le parking aussi, mais du coup l’appart’ était situé sur la route très passante qui relie Calais à Boulogne-sur-Mer par la côte.

12 août, quelques heures avant l’éclipse.

Si le département est très agricole, il n’empêche que j’ai noté pour ce premier jour : « des vallons, des bords de route non défrichés, la mer tout près ». Et c’est bien suffisant. Sur la route en approchant, nous avons traversé l’épaisse fumée blanche d’un incendie, mais je n’en ai pas, sur le moment, retrouvé la trace dans les actus.

Le lendemain de notre arrivée, nous avons arpenté la côte « entre les caps », entendre entre celui de Gris-Nez et celui de Blanc-Nez – je t’avoue ne toujours pas savoir pourquoi ils sont nommés ainsi. Nous avons traversé Sangatte dans les deux sens, c’était étrange de n’y trouver nulle trace de l’immense camp dont on a tant parlé, fut un temps. J’ai préféré le Blanc-Nez au Gris, c’était plus sauvage, plus préservé, bien que plus fréquenté.

Au fond, ce sont les falaises de Douvres !

Monument érigé en hommage à la Dover Patrol, qui contrecarra les efforts de l’armée allemande lors de la Première Guerre Mondiale. Son jumeau se dresse sur l’autre rive et je trouve ça super beau.

Ça va paraître fou, mais… on a trouvé que le Pas-de-Calais avait des airs de Californie !

Objectif suivant : l’aquarium de Boulogne. C’est, paraît-il, le plus grand d’Europe (même si on avait entendu dire la même chose de celui de La Rochelle). Alors, oui, c’est grand, mais c’est grand de salles… vides. C’est chouette de faire de la médiation, mais personne ne vient dans ce genre d’endroit pour lire des panneaux plutôt que pour observer des animaux. On a eu de la chance, il n’y avait de toute évidence pas tant de monde que ça : il y avait plein de places dans le parking dédié et on n’a pas eu à se coltiner la queue façon parc d’attraction qui serpente entre des bandeaux jusqu’aux caisses. L’endroit ne nous en a pas moins semblé blindé, et c’est peut-être la faute à un parcours post-covid ultra fléché qui t’empêche d’aller et venir comme bon te semble, mais ça n’était pas une expérience très agréable.

Alors oui, l’aquarium principal est gigantesque, et l’océarium est conçu de façon à ce qu’on le contourne plusieurs fois, sur plusieurs niveaux, jusqu’à passer au-dessus et découvrir la machinerie qui en maintient les constantes. C’est super cool. Mais c’est le clou d’un spectacle qui n’a pas grand-chose d’autre à offrir. Et comme dans tous les espaces très touristiques, la main d’œuvre estudiantine est employée à canaliser le flot et pas à empêcher Mister Super Beauf de flasher les poissons-lanternes parce que son fils ne les voit pas dans le noir…

Ce requin m’a photo-bombé un certain nombre de fois, je te jure. Sa tête est incroyable, je pense que c’est mon animal totem.

Le plongeur qu’on distingue en haut a nagé avec la raie pendant un moment. C’était beau !

Le 15, on a visité le musée 39-45 d’Ambleteuse et c’est peut-être mon préféré parmi les musées de la Guerre que j’ai pu parcourir. Il s’agit d’une collection d’uniformes, d’armes et d’objets personnels rassemblés et mis en scène par deux passionnés, Denis Barbe et Christophe Deschodt. Les décors, la musique, l’ambiance et le soin apporté à chaque vitrine nous plongent dans une atmosphère étrange. Je cite la page du musée : « Ce [lieu] est un témoignage pour les générations actuelles et futures, du sacrifice de millions de jeunes gens. Quelle que soit leur nationalité, ils ont souffert ou donné leur vie pour une cause qu’ils croyaient bonne, ou pour défendre leur liberté et celle des leurs. » La scénographie m’a convaincue – en revanche j’avoue avoir été plusieurs fois perdue faute de médiation historique. Elle existe, mais pas toujours placée de manière opportune.
Ce jour-là, on a aussi visité le musée du Mur de l’Atlantique d’Audhingen, qui abritait à l’époque l’un des quatre bunkers de la Batterie Todt, la batterie d’artillerie côtière allemande construite lors de la Seconde Guerre mondiale. C’était hyper intéressant aussi, et je le dis sérieusement, même si aller voir un bunker est quasi devenu une private joke entre nous tant Ubik est « fan » de tout ce qui touche à la Guerre (et donc très calé sur le sujet, en plus) !

Le jour suivant, on s’est rendu à Merck pour découvrir le jardin botanique.

Oui bah tu crois que les enfants ils viennent visiter un jardin botanique sans dinosaures, toi ? (je ne sais pas pourquoi avec Ubik on finit systématiquement par tomber sur un ersatz de Jurassic Park, où qu’on aille.)

Et le 17, on a terminé par Condette, pour visiter un autre jardin, celui du château d’Hardelot, qui a été habité par des Anglais, qui ont beaucoup de défauts mais dessinent des espaces végétaux bien plus romantiques que les nôtres.
(À noter qu’un théâtre « élisabéthain » a été inauguré dans la forteresse en… 2016. Pas vu, car c’était fermé.)
Le domaine est situé en limite de zone naturelle marécageuse et offre des tas de sentiers de rando, tous aussi mal (pas) signalisés les uns que les autres, mais qu’est-ce que c’est beau !

C’en était déjà fini de notre séjour dans ces terres si jolies en août, et qu’on a soupçonnées d’être si tristes en hiver. Si on se connaît dans la vraie vie, je t’ai écrit une carte postale, oui, même toi qui n’en avais jamais reçu :P Je suis partie avec un carnet d’adresses soigneusement complété et, sur place… aucun vendeur de timbres ! Donc, elles partira de Guingamp, hum.

J’ai omis de raconter les activités quotidiennes, balades dans le bourg et baignades, mais quant à échapper à la chaleur… L’eau était à 21 oO

Commentaires

  1. zofia dit :

    Superbe le château !
    L’eau à 21 mais l’air était à combien ?! il semble qu’il soit de plus en plus difficile d’échapper à la chaleur où qu’on aille…

  2. Naivara dit :

    On a eu 34 au plus fort, donc « raisonnable » (beaucoup trop pour le Pas-de-Calais, j’imagine…)

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